Les cotisations que tu paies chaque mois à l’URSSAF ne sont pas des impôts ou des taxes, mais bien des cotisations. En échange de ta contribution à la société, tu as donc le droit à certaines prestations, qui peuvent parfois t’être versées automatiquement. Dans d’autres cas, il te faudra en faire la demande auprès de l’organisme compétent.

En effet, le rôle de l’URSSAF est de collecter les cotisations de toute la population, salariés comme indépendants. Elle va ensuite répartir les sommes obtenues entre différents organismes, chacun spécialisé dans un domaine de la protection sociale en particulier. Ce sont ces organismes qui vont pouvoir à leur tour intervenir dans certaines situations de ta vie.

On fait le tour ensemble des cas les plus courants (hors formation professionnelle, pour lequel on fera un article dédié) :

LA Sécurité sociale

Plus de 38% des cotisations collectées par l’URSSAF servent à prendre en charge les frais de santé de l’ensemble de la population. C’est ce qui te permet d’avoir une carte Vitale et d’être remboursée d’une partie de tes frais en cas de :

  • consultation d’un médecin généraliste ou spécialiste
  • hospitalisation et/ou passage aux urgences
  • prise de médicaments et traitements sur ordonnance.

En cas de maladie grave ou de longue durée, la Sécurité Sociale peut même prendre en charge jusqu’à 100% de tes soins, sans avoir besoin de mutuelle.

Les arrêts de travail

Si tu dois être arrêtée plus de 3 jours par ton médecin, tu auras le droit aux indemnités journalières. Celles-ci servent à compenser le revenu perdu du fait de ces jours d’inactivité forcée. Et ce, même si tu n’es pas actuellement en mission chez un client. Rappelle-toi, ce n’est pas parce que ton temps n’est pas facturé sur le moment que tu n’es pas en train de travailler !

La seule condition à remplir pour les obtenir est d’avoir ouvert ta micro-entreprise il y a plus de 12 mois.

Après un délai de carence de 3 jours, tu recevras donc toutes les 2 semaines environ ces fameuses indemnités journalières, calculées à partir des revenus que tu as déclarés. Si tu veux en avoir une estimation à l’avance, tu peux :

  • calculer le CA de tes 3 dernières années
  • en retirer l’abattement forfaitaire (50% si tu déclares tes revenus en BIC, 34% en BNC)
  • faire la moyenne pour obtenir ton « revenu d’activité annuel moyen » (Raam)
  • diviser ce chiffre par 730.

Le résultat obtenu correspond à l’indemnité journalière pour 1 jour d’arrêt. Pour te donner une idée, cela représente environ 13,70€/jour pour un CA moyen de 20 000€/an, et 20,55€/jour pour un CA moyen de 30 000€.

Attention si ton Raam est inférieur à 4 582€ (chiffre 2026), ces indemnités journalières seront considérées comme trop faibles pour être versées et seront automatiquement arrondies à 0€.

En effet, si tu réalises moins de 10 000€ de CA par an en moyenne, on considère que ta micro-entreprise est une activité complémentaire, et que tu ne peux pas en vivre en tant que telle. Tu peux cependant avoir le droit aux indemnités journalières par d’autres biais : CDD, intérim, chômage… tout compte !

Le congé maternité

Si tu attends un heureux événement, et que ta micro-entreprise est active depuis plus de 6 mois (à la date prévue d’accouchement), tu as le droit au congé maternité. Sa durée varie en fonction du nombre d’enfants que tu attends et/ou que tu as déjà mais elle ne peut pas être inférieure à 16 semaines. Cela correspond généralement à 6 semaines avant la date d’accouchement et 10 semaines après.

Attention pour en bénéficier tu dois absolument cesser toute activité professionnelle pendant au minimum 8 semaines (dont 6 après l’accouchement). Cette période ne doit servir qu’à te reposer, pour accueillir ton bébé dans les meilleures conditions possibles.

Ce congé maternité t’ouvre le droit à une allocation forfaitaire de repos maternel, ainsi qu’à des indemnités journalières forfaitaires. Tu peux estimer leurs montants sur le simulateur Ameli.

La caisse d’allocations familiales (caf)

Comme son nom ne l’indique pas, la CAF ne sert pas qu’à verser les allocations familiales. C’est elle qui va se charger également des aides au logement, de la prime d’activité et du RSA, entre autres…

Je ne vais pas entrer dans les détails ici, parce que chacune de ces aides a des conditions spécifiques. Heureusement il existe des simulateurs, tous réunis sur un seul site web : https://www.mesdroitssociaux.gouv.fr/votre-simulateur/accueil. Le premier permet, en 15 minutes environ, d’évaluer tes droits à 58 aides nationales et/ou locales, en une seule fois.

Je te conseille évidemment d’aller y faire un tour, car il existe en réalité de nombreuses aides dont on n’a pas forcément connaissance. Ou alors on les connaît de nom, et on ne s’imagine pas du tout y être éligible. Et comme il faut déposer un dossier pour les recevoir, et que ce n’est pas automatique, on peut vite passer à côté d’un vrai coup de pouce financier. Donc passer 15 minutes sur ce simulateur pourrait bien te rendre un sacré service !

La retraite

Enfin il faut citer tes cotisations retraite. Environ 28% des sommes totales collectées par l’URSSAF y sont consacrées. En micro-entreprise, c’est même 63,2% de tes cotisations qui y sont dédiées, si tu déclares tes revenus dans la catégorie BIC (et 67,4% pour les BNC).

Ca peut paraître beaucoup a priori, mais il y a quelques distinctions et précisions à apporter.

Le nombre de trimestres

Chaque année, tu peux cumuler jusqu’à 4 trimestres maximum. Si tu es née après 1966, il te faudra 172 trimestres cumulés sur toute ta vie professionnelle pour avoir le droit à la retraite au taux plein (c’est-à-dire au montant mensuel le plus élevé auquel tu peux prétendre).

Pour les avoir, tu n’as pas besoin de travailler réellement 4 trimestres sur l’année. En effet leur calcul ne dépend pas de ta durée de travail effective, mais du CA réalisé sur l’année. En 2026, il te faudra réaliser un minimum de 13 992€ pour les revenus BIC (10 850€ en BNC) pour avoir tes 4 trimestres. Ces chiffres sont revus à la hausse tous les ans. Si tu veux en savoir plus, je te renvoie à cet article de La Micro By Flo qui l’explique très bien.

Le montant de ta retraite future

Encore une fois je ne vais pas complétement rentrer dans les détails ici. Mais il y a une erreur que je vois tellement souvent que je veux absolument en parler dès maintenant.

En effet beaucoup confondent CA et revenu. Du coup en fin de carrière, quand elles découvrent le montant estimé de leur retraite, elles tombent des nues : comment on peut me donner si peu pour toute une vie de travail ?? Eh bien en fait c’est tout simple : ton CA n’est PAS ton revenu.

En gros, mettons que tu déclares 2 000€ de CA sur le mois. L’Etat y applique un abattement forfaitaire de 50% sur les revenus BIC, 34% pour les BNC. Donc il considère que ton vrai revenu est en fait 2000 x 50% = 1000€. Tes cotisations sont donc calculées sur la base de 1 000€, tout comme un salarié qui toucherait seulement 1 000€ nets par mois. Et comme une retraite à taux plein c’est environ 50% du revenu net, tu peux donc prétendre au mieux à 1000 x 50% = 500€ de retraite mensuelle…

Et non ce n’est pas une injustice, cela correspond simplement à ce que tu as cotisé réellement. Donc un conseil : mets de côté en plus pour ta retraite !

L’oFFRE de services « HELP »

Avant de conclure cet article, je voudrais quand même te parler d’une dernière chose : l’offre de services « Help ».

Assez méconnue, elle provient en fait d’une collaboration entre l’URSSAF, la CAF, l’Assurance Maladie et l’Assurance Retraite. Spécifiquement dédiée aux micro-entrepreneurs, elle propose un accompagnement spécifique en cas de grosses difficultés personnelles, familiales et/ou professionnelles. Donc si tu as mal à payer tes cotisations, ou que tu te retrouves empêchée de travailler pour une raison ou une autre, je t’invite à aller voir leur site : https://www.urssaf.fr/accueil/services/services-independants/help-demander-aide-coordonnee.html

Ils t’orienteront vers les bons interlocuteurs, qui pourront t’aider à mettre en place un ensemble de solutions personnalisées. Parce qu’on n’est pas obligées de rester seules face à nos difficultés, et que ce sera toujours une bonne idée de demander de l’aide quand on en a besoin… ;)

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