Chiffre d’affaires, revenus, charges, cotisations URSSAF… Quand on démarre en micro-entreprise, tout un vocabulaire nouveau apparaît. Et le moins que l’on puisse dire c’est que toutes ces notions ne sont pas toujours très claires, même chez les freelances expérimentées.
Malheureusement, ces confusions peuvent mener à une mauvaise évaluation de ton revenu réel, voire à des tarifs trop bas pour que tu puisses vivre de ton activité. C’est pourquoi il est temps que l’on refasse le point ensemble sur ce que tu gagnes, vraiment, en micro-entreprise.
Idée reçue n°1 : CHIFFRE D’AFFAIRES = REVENU
Alors celle-là, c’est vraiment la pire de toutes et je pense qu’on ne le dira jamais assez : TON CA N’EST PAS (ET NE SERA JAMAIS) TON REVENU.
Combien de freelances se sont lancées avec l’objectif de faire au moins un SMIC et se sont dit « bon bah du coup il suffit que je fasse 1500€ de CA par mois et je gagnerai ma vie »? Et qui ont vécu une énorme désillusion quelques mois plus tard en constatant qu’elles n’allaient jamais s’en sortir avec si peu…
L’impact des charges sur ton revenu
En effet, il est impossible de comparer un chiffre d’affaires avec un salaire, à cause des CHARGES. Les charges, c’est tout simplement tout ce que tu vas devoir payer pour exercer ton activité. Cela peut être :
- des charges professionnelles : achat de matériel, de licences informatiques, frais de déplacement, frais bancaires,… Tout ce qui est indispensable en réalité pour que tu puisses exercer ton métier et t’occuper de tes démarches administratives et comptables.
- des charges sociales : cotisations URSSAF, mutuelle, prévoyance, épargne retraite… Certaines sont obligatoires (URSSAF) et les autres sont à mettre en place par toi-même, en fonction de ta situation. Elles servent à te mettre à l’abri financièrement en cas de coup dur, ou de baisse d’activité.
Donc la vraie formule pour calculer ton revenu, c’est REVENU = CHIFFRE D’AFFAIRES – CHARGES PROFESSIONNELLES – CHARGES SOCIALES.
A titre d’exemple, voici comment mon chiffre d’affaires à moi se répartit sur un mois « moyen » :
Astuce
Ton revenu est donc la partie de ton CA qui reste, une fois que tu as déduit toutes tes charges. C’est ce qui va te servir à la fois pour tes dépenses courantes, payer tes vacances, régler tes impôts, te constituer une épargne personnelle…
Si tu veux le calculer facilement, tu peux simplement regarder les virements que tu fais depuis ton compte pro vers ton compte perso. En effet, tes charges doivent obligatoirement être payées via ton compte pro, à l’inverse des dépenses personnelles.
Et si ce que je te raconte là n’est pas clair, et que tu veux en savoir plus, tu peux te rendre sur cet article : Choisir une banque pour accompagner son activité professionnelle
Bon à savoir : l’abattement forfaitaire
En micro-entreprise, tu ne déclares que ton CA. Comme base de calcul de ton revenu imposable (qui sert aussi de référence pour la Sécu, l’Assurance retraite, France Travail…), l’Etat applique alors un abattement forfaitaire correspondant au montant estimatif de tes charges, qui varie en fonction de ta catégorie d’activité déclarée auprès de l’URSSAF (vente de marchandises, prestations de services en BIC ou en BNC).
En clair, si ton abattement forfaitaire est de 50%, l’Etat considère que tu as 50% de charges sur ton activité. Si tu as déclaré un CA de 2000€ ce mois-ci, ton revenu estimé (et pris comme base par tous les services publics et les impôts) est de 2000 x 50% = 1000€.
Si jamais tes charges réelles sont supérieures à ton abattement forfaitaire, tu vas donc être imposée sur un revenu théorique supérieur à ce tu gagnes réellement. Dans ce cas, la micro-entreprise n’est pas adaptée à ta situation et je te conseille de te rapprocher d’un expert comptable qui pourra t’orienter sur un statut plus avantageux.
IDée reçue n°2 : je paie beaucoup plus de cotisations en micro-entreprise que si j’étais salariée
Contrairement à ce que pensent beaucoup de freelances, les salariés paient aussi des cotisations URSSAF, et souvent beaucoup plus qu’ils ne le croient eux-mêmes. Simplement c’est l’employeur qui est chargé de les reverser à l’URSSAF, ce qui fait qu’on en a souvent moins conscience que quand l’argent sort directement de notre poche.
Sur la totalité de ce que paie un employeur pour la rémunération d’un salarié, voici en gros comment cela se répartit :
Comme tu peux le voir, la part des cotisations dans la rémunération d’un salarié est quasiment 2 fois plus importante qu’en freelance.
On peut le voir de 2 façons :
- le bon côté des choses, c’est que la part de revenu disponible est donc plus importante en freelance. Tu peux donc choisir ce que tu fais de cet argent comme tu veux (le dépenser, le placer…) et tu es moins contrainte de l’allouer à ta protection sociale si ce n’est pas ce que tu souhaites.
- le moins bon côté, c’est que tu cotises moins de manière générale. Ce qui nous amène à la dernière idée reçue…
idée reçue n°3 : en micro-entreprise je n’ai aucune protection sociale
On en avait déjà parlé dans cet article : Mais à quoi peuvent bien servir mes cotisations URSSAF ?! On y avait notamment vu ensemble les prestations sociales auxquelles on peut prétendre lorsqu’on est en micro-entreprise. Parce que oui, on a le droit à une certaine protection lorsqu’on est freelance.
Cependant, on est certainement d’accord sur un point : les prestations sociales auxquelles tu as le droit ne sont absolument pas suffisantes pour te protéger efficacement. C’est pour cela que c’est aussi important de t’en occuper toi-même, par une bonne gestion de ta trésorerie, par ton épargne personnelle et/ou ta souscription à une mutuelle et une prévoyance privée.
Le sujet étant (très) vaste, on a prévu plein d’articles dans les prochains mois pour en parler en détails, et te donner tous les conseils dont tu as besoin pour organiser ta protection sociale comme une pro. Stay tuned… ;)
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